CASS 2025

CASS 2025

Reprez 2025-2026 le 09/10/2025

I – INTRODUCTION

Le Conseil d’Administration Santé et Solidarité (CASS) est un petit congrès ANEMF qui s’est déroulé à Reims cette année. Le congrès a duré trois jours, du 19 au 21 septembre. Lors de ce congrès centré sur les Innovations Sanitaires et Sociales (ISS), Nous avons assisté a des formations et participé à des débats sur diverses thématiques concernant les études médicales et les professions de santé.

II – ETUDES ET PROFESSION

A. ECOS nationaux 

Stockage des grilles d’ECOS :

Contexte : le stockage des grilles d’ECOS est actuellement assuré dans un seul serveur à l’échelle nationale par le centre national de gestion (CNG). Précédemment, ce système a provoqué des plantages généralisés au cours des épreuves. Le stockage local des grilles d’ECOS permettrait une indépendance vis-à-vis du CNG, évitant le risque de perte de connexion au cours des épreuves et donc le passage sur grilles papier. En revanche, dans ce cas de figure il serait possible d’observer des failles de sécurité lors de la transmission des notes des UFR vers le CNG. D’autres points de vigilance sont à tenir compte, notamment la désynchronisation des épreuves entre les centres d’examen et la fuite de sujets au local.

B. Epreuves Nationales 

Inscription des étudiants étrangers aux Epreuves Nationales (EN):

Contexte : le CNG a fait part de sa difficulté face à l’augmentation du nombre d’inscription d’étudiants étrangers aux EN en France (145 étudiants étrangers inscrits aux en en 2025). Les capacités des universités étant limitées, se pose la question de limiter/ interdire les inscriptions des étudiants étrangers aux EN. Les étudiants étrangers sont définis comme : les étudiants étrangers (d’Europe) stricto sensu et les étudiants français partis étudier la médecine à l’étranger (en Europe). Point de vigilance : possibilité de “court-circuitage” des études françaises par les étudiants étrangers, restreignant le nombre de places disponibles pour les étudiants en médecine de France (en réalité il y a 83 % d’échec chez les étudiants étrangers aux EN). Le principal point de vigilance réside dans la surcharge des universités lors du passage des épreuves dont les capacités d’accueil sont déjà dépassées. Position de l’ANEMF : l’ANEMF se positionne pour une limitation des places allouées aux étudiantes et étudiants issus d’un cursus européen aux Épreuves Nationales, en cohérence avec les capacités d’accueil des facultés.

Conditions d’inscription aux EN :

Contexte : en début de 6e année de médecine ont lieu des épreuves dématérialisées nationales (EDN), à l’issue desquelles le classement de chaque étudiant déterminera son secteur d’affectation et sa spécialité médicale. Une ambivalence dans le code de l’éducation : « une session d’épreuves dématérialisées est organisée en début de troisième année du deuxième cycle des études de médecine et de manière simultanée au sein des universités désignées comme centre d’examen. » suggère deux interprétations. On peut comprendre que toutes les étudiantes et tous les étudiants doivent être en 3e année du 2e cycle au moment des épreuves; d’autre part, être en 3e année de 2e cycle peut être perçu comme une condition minimale pour participer aux EN, laissant donc les candidatures ouvertes à des étudiants en 3e année de 2e cycle ou plus. En réaction à cette ambivalence, nous avons pris position. Position de l’ANEMF : l’ANEMF s’oppose à la participation des étudiants déjà diplômés ou ayant validé un équivalent du DFASM aux épreuves nationales, sauf dans le cadre de leur intégration au sein du premier ou deuxième cycle des études médicales françaises. Rapatriement des étudiants français partis étudier la médecine à l’étranger : La Loi NEUDER adoptée le 18 juin 2025 dispose le rapatriement en DFASM1 des “près de 5000 étudiants” en médecine français partis étudier à l’étranger (en Europe). Ceci est valable pour les étudiants partis avant l’année 2025. Pour rappel, cette Loi dispose également la suppression du numérus apertus (cf compte rendu des jea), en réalité il s’agit d’un « élément de langage » car il n’y a pas de réelle abolition de la sélection en première année. Les points de vigilance principaux face à la forte augmentation du nombre d’étudiants en médecine en France (rapatriement, augmentation du nombre d’inscription aux EN par des étudiants étrangers, augmentation du nombre d’admission en études de médecine) sont la saturation des UFR dont les capacités sont déjà dépassées et la saturation des terrains de stages.

C. PPL Imbert : les formations en santé

Contexte : le 30 juillet 2025, la sénatrice Corinne Imbert dépose au sénat une proposition de loi concernant les formations en santé.

  1. art. 1 : cet article suggère :
    • la refonte de l’entrée dans les études de santé en intégrant la kinésithérapie dans une voie unique (cf rapport de la cour des comptes dans le compte rendu des JEA) d’accès commune aux filières MMOPK. Les premières expérimentations de ce modèle se feraient dès la rentrée 2026 d’après les institutions (dit avant la formation du nouveau gouvernement).
    • la mise en place d’une année d’entrée dans les études de santé (EES) dans chaque département. l’ANEMF se positionne contre cette proposition. Cette opposition de l’ANEMF est justifiée par la volonté de mettre en place ce système de manière réfléchie et non systématisée (cf contribution universitarisation des territoires de l’ANEMF). En effet, le manque de moyens, le problème de l’accès aux cours de licence (cours de mineure actuels) et de l’accès aux tutorats (qui favorisent l’égalité des chances) sont des contraintes majeures à prendre en compte.
    • Un redoublement de la première année d’EES. Cependant il est formulé de manière peu claire. Est-ce un redoublement laissant la possibilité d’accéder aux filières MMOPK ou seulement de valider les 60 ECTS pour avoir une autre chance d’accéder aux filières MMOPK ultérieurement ? Dans le premier cas, l’ANEMF s’y oppose car un redoublement de la première année ne devrait pas permettre d’accéder aux filières MMOPK directement.
  2. art. 2 : cet article suggère la création d’une voie expérimentale d’admission directe en premier cycle des études de pharmacie, sans passer par la première année d’EES. l’ANEMF se positionne contre, en accord avec la fédération de filière pharmacie (ANEPF).
  3. art 3 : généralisation des options santé dans les lycées en zone sous-dense. Il s’agit d’une mesure identifiée par le gouvernement pour lutter contre les zones sous-dotées. Attention cependant à garder la gratuité de cette enseignement et de le différencier des classes préparatoires privées (payantes) aux études de santé pour lesquelles l’ANEMF s’y oppose dans un souci d’égalité des chances.
  4. art. 4 : il propose une régionalisation partielle de l’internat. Autrement dit, en s’appuyant sur un rapport de l’académie de médecine du 24 juin 2025, cet article suggère que 2/3 des internes de médecine soient contraints à exercer leur internat dans la région où ils ont effectué leur externat. Il s’agit donc d’une forme de coercition. Le choix des 2/3 des étudiants devant exercer dans la même région que leur externat se ferait de la manière suivante : les 2/3 des étudiants les mieux classés dans leur région seraient contraints de passer leur internat dans la région de leur externat alors que le 1/3 bas du classement aurait la possibilité d’effectuer son internat hors de cette région (basé sur le rapport de l’Académie de Médecine 2025). L’objectif de cet article est de fidéliser les internes à leur territoire d’externat. Cependant, il contraint les internes à un choix de spécialités limité à celles proposées par la région de leur externat. Exemple: je veux faire un internat de chirurgie plastique mais j’ai terminé dans les ⅔ supérieurs du classement aux épreuves nationales et la région dans laquelle j’ai effectué mon externat ne propose pas la spécialité. Je ne pourrai donc pas faire un internat de chirurgie plastique et serai contraint de choisir une autre spécialité. De plus, le ⅓ inférieur du classement de chaque région devrait choisir parmi les spécialités non choisies par les ⅔ supérieurs du classement de chaque autre région, restreignant également le choix des néo-internes. Position de l’ANEMF : L’ANEMF se positionne pour une ouverture nationale de postes d’internes avec un accès fondé sur les épreuves nationales et les classements qui en découlent. Cette ouverture nationale permet la libre mobilité des étudiants à l’issue du deuxième cycle des études médicales dans l’ensemble des subdivisions. Par conséquent, l’ANEMF s’oppose à toute forme de régionalisation, qu’elle soit partielle ou totale, de l’ouverture des postes internes.
  5. art. 5 : Homogénéisation du statut de maître de stage universitaire (MSU). Contexte : Les conditions d’accueil en stage sont insatisfaisantes pour les étudiantes et étudiants en médecine, comme pour les 3 autres filières de santé MOP. Le manque de moyens, notamment humains, limite la qualité de l’encadrement des étudiants et freine l'acquisition d’un apprentissage pratique solide. Dans ce contexte, les Maîtres de Stage Universitaire (MSU) constituent un levier essentiel pour améliorer les conditions de formation en stage et renforcer l’accompagnement des étudiants. L’article 5 de la PPL Imbert prévoit l’instauration de quatre statuts homogènes applicables aux MSU en médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique tout en sécurisant le statut actuel des MSU de médecine. Pour obtenir ce statut, les MSU devront suivre une formation spécifique au préalable et percevront en contrepartie une rémunération liée à l’accueil des étudiants. Position des autres filières concernées : Pharmacie : pour ; Maïeutique : pas de position ; Odontologie : pour, si la formation est dispensée par les universités Position de l’ANEMF : l’ANEMF se positionne pour homogénéisation du statut de Maîtres de Stages Universitaire (MSU) au sein de chacune des 4 filières MMOP. Cette homogénéisation ne doit en aucun cas se faire au détriment du statut actuel des MSU de médecine.
  6. art.6 : accueil des étudiants de 4e année de médecine générale (4amg) par des médecins généralistes accueillants. Contexte : le projet de loi pour la mise en place d’une 4e année d’internat de médecine générale (4AMG) consiste à effectuer deux stages de 6 mois en tant que docteur junior ambulatoire (DJA). Ces DJA seraient normalement accompagnés par des MSU lors des stages. Or le nombre de MSU actuel est bien trop faible (une centaine sur toute l’Ile de France). Point de vigilance : les médecins généralistes accueillants (c’est à dire qu’ils n’ont pas la formation de MSU) peuvent passer la formation d’accueillant jusqu’à deux ans après l’accueil du premier étudiant. Autrement dit, un médecin accueillant peut ne pas être formé lors de l’accueil de l’étudiant en 4e année d’internat de médecine générale. Position de l’ANEMF : l’ANEMF se positionne pour que la mise en place de la 4AMG soit suspendue et reportée à l’année suivante tant que les conditions de sa mise en place (notamment le nombre de MSU) ne sont pas réunies.

D. Elections municipales 2026

Livre Blanc:

Contexte : les élections municipales sont des élections locales ayant lieu tous les 6 ans qui permettent d’élire les conseils municipaux, eux même désignant les Maires des communes. Les élections municipales sont importantes car elles sont à la base des élections des Sénateurs. En effet, ce sont les Conseillers Municipaux désignés lors des élections municipales qui élisent en grande majorité les Sénateurs. Les communes sont donc un levier d’action à l’échelle locale dans la formation médicale (ouverture de terrains de stage, partenariats…) et dans la vie étudiante.

Enseignements sur l’exercice médical et la pertinence des soins :

Contexte : Afin de sensibiliser les nouveaux médecins à l’aspect financier de la santé et pour limiter les dépenses, l’assurance maladie a suggéré l’idée d’enseignements sur le fonctionnement du système de santé et sur la pertinence des soins. De ce fait, s’est posée la question de l’intégration d’enseignements sur l’exercice médical et la pertinence des soins dans la formation médicale. Cependant, les programmes étant déjà chargés, des questions sur la pertinence de ces enseignements et sur le cycle dans lesquels les intégrer se sont posées. Position de l’ANEMF : L’ANEMF se positionne pour la création d’un parcours de réflexion et de formation centré sur l’élaboration du projet professionnel et la pertinence des soins durant le troisième cycle des études médicales pour l’ensemble des internes, comprenant notamment :

  • des enseignements pédagogiques concernant les différents modes d’exercice, insistant sur les spécificités de l’exercice en zone sous-dotée ;
  • une sensibilisation à l’économie de la santé et aux outils nécessaires à l’installation médicale, dont les bases de la fiscalité et de l’entreprenariat ;
  • un accompagnement personnalisé de chaque étudiant dans l’élaboration de son projet professionnel.

III – INNOVATIONS SANITAIRES ET SOCIALES (ISS)

A. Bases de l’ISS

Contexte : les ISS constituent un vaste réseau associatif à l’ANEMF. Les sujets traités sont nombreux et divers, allant du bien être étudiant et de la précarité étudiante à la santé publique, en passant par la solidarité internationale. A Clermont-Ferrand, les associations spécialisées dans la solidarité internationale sont Song Taaba, Fifadji et EMMS, tandis que le Pôle Humanitaire est l’association qui s’occupe globalement des ISS. Les actions du pôle ISS de l’ANEMF :

  • accompagnement du vaste réseau ISS regroupant divers sous-réseaux
  • dispositifs Trusted People (TP) et risques festifs tels que des fiches techniques, formations. un guide pour les Trusted People sera proposé prochainement
  • coordination et accompagnement des projets solidaires nationaux à l’échelle locale : Hôpital Des Nounours, Défi Sang Limite
  • solidarité internationale : reprise de cette thématique récemment qui consiste majoritairement en la formation du réseau solidarité internationale au local qui est peu développé
  • réflexions éthiques et humanités médicales : sujets d’actualité tels que l’aide à mourir et les soins palliatifs
  • santé publique : tels que la vaccination et l’antibiorésistance qui sont des sujets peu traités depuis le COVID, 19 or ce sont des sujets d’enjeu national
  • santé sexuelle : le but est de former et de sensibiliser sur la santé sexuelle ainsi que de porter des contributions aux institutions (ex: contribution transidentité; cf compte rendu des JEA)
  • lutte contre les discriminations : portage de contributions, rédaction de guides notamment sur la crise migratoire en santé
  • lutte contre les Violences Sexistes et Sexuelles (VSS) : l’objectif actuel est de faire un état des lieux sur la mise en place du dispositif Trusted People pour évaluer l’impact qu’il a eu sur les VSS
  • santé mentale : cause nationale 2025, la santé mentale est un sujet central des ISS (une contribution santé mentale a été rédigée durant le mandat 2024-2025)
  • environnement : souvent peu traité, pourtant important, la partie environnement sera davantage traitée cette année. Le pôle ISS de l’ANEMF a la volonté de prendre des positions et de rédiger des contributions pour sensibiliser sur l’environnement et la santé environnementale

B. Santé Environnementale

Loi Duplomb :

La Loi Duplomb, déposée au Sénat en novembre 2024 a été adoptée, puis promulguée par l’exécutif le 11 août 2025. L’article 2 de cette loi dispose le lever l’interdiction des pesticides de la famille des néonicotinoïdes dont l’acétamipride. Les néonicotinoïdes, pesticides ciblant le système nerveux central des insectes, sont utilisés pour protéger les cultures et les animaux contre des parasites. Ils sont tous interdits en France depuis 2018 et seul l’acétamipride est autorisé dans le reste de l’Europe. Les néonicotinoïdes sont aujourd'hui pointés du doigt du fait de leur potentielle toxicité et de la possible exposition des populations à ces risques (troubles neurodéveloppementaux, cancers, maladies chroniques). Cependant, l’acétamipride n’étant actuellement interdit qu’en France, les agriculteurs dénoncent un risque de concurrence déloyale de la part de leurs voisins européens. Position de l’ANEMF : L’ANEMF se positionne contre l’usage des néonicotinoïdes, en France et dans l’Union Européenne. En réaction à la promulgation du texte, une pétition avait été rédigée et a récolté près de 2 millions de signatures. Du fait de l’ampleur de la réaction contre ce texte de loi, la pétition sera examinée.

L’article 5 de la Loi Duplomb permet de faciliter l’implantation de mégabassines. Contexte : les mégabassines sont des constructions permettant de prélever de l’eau dans des nappes phréatiques et dans des cours d’eau en hiver pour la stocker et la redistribuer en période de sécheresse pour le domaine agricole. La facilitation de l’implantation de ces ouvrages artificiels consiste à :

  • permettre des dérogations aux objectifs de qualité et de quantité des eaux
  • permettre des dérogations à l'interdiction de porter atteinte à des espèces protégées et à leurs habitats pour construire une réserve d'eau. Ces constructions semblent constituer une maladaptation provoquant des inégalités de distribution de l’eau et contribuant au dérèglement du cycle de l’eau.

C. Défi Sang Limite :

Le Défi Sang Limite est un concours organisé en interfilière (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie) mettant en compétition les villes pour le de don de soi. Le défi fonctionne avec un système de points en fonction du type et du nombre de dons. Les dons possibles sont le don de sang total, de plasma, de plaquettes et de moelle osseuse principalement. Les objectifs de ce défi sont de sensibiliser les étudiants en santé au don de soi et de faire connaître des types de dons moins courants tels que le don de moelle osseuse et de sang de cordon ombilical.

  • Récapitulatif du défi : passage de 22 villes en 2023-2024 à 32 villes en 2024-2025, soit une participation de 75% des villes du réseau ISS de l’ANEMF.
  • Les résultats pour les villes en médecine sont les suivants :
    1. En 3e position : Rennes ;
    2. En 2e position : St Etienne ;
    3. En 1ère position : Lille Etat Clermont-Ferrand arrive en 11e position !

IV – GUIDES DE L’ANEMF 

A. Le Carabook

Contexte : Le Carabook est un livret de poche d’environ 200 pages au format A6 destiné aux étudiants de médecine pour les aider dans leurs périodes de stages hospitaliers. Ce livre n’ayant pas été réédité depuis longtemps, le bureau national (BN) de l’ANEMF l’a mis à jour durant le mandat 2024-2025. Ainsi, nous nous sommes questionnés sur la pertinence de l’impression de la nouvelle édition pour l’année prochaine et de la possible disponibilité de ce guide en format numérique. Nous demanderons aux étudiants de Clermont s’ils ressentent le besoin d’avoir un carabook en format papier et recenser leur nombre. L’avantage majeur de la version papier est le fait qu’elle permette d’éviter l’usage du téléphone en stage. Une version numérique mise à jour sera bientôt publiée.

NOUS ETIONS 9 CLERMONTOIS LORS DU CASS !

Nous remercions la CVEC et l'UCA pour nous avoir permis de participer à ce congrès.