CAWEEM-TAS 2026

CAWEEM-TAS 2026

Reprez med 25-26 le 19/02/2026

INTRODUCTION

Le CAWEEM-TAS ou conseil d'administration et week-end des élus étudiants en médecine - tutorats d'années supérieures est un petit congrès ANEMF qui s'est déroulé cette année dans notre ville de Clermont-Ferrand ! Le congrès s'est étendu sur trois jour du 13 au 15 Février 2026. Nous avons assisté à des formations et participé à des débats sur la 4ème année de médecine générale, la Réforme du deuxième cycle des études médicales et autres thématiques variées.

I-ETUDES ET PROFESSION

A. Perspectives Professionnelles :

Quatrième année de médecine générale (4AMG) :

Contexte : La 4 AMG (4e année de médecine générale) est une année supplémentaire à l’internat de médecine générale, qui jusqu’en 2022, ne durait que 3 ans. Cette année supplémentaire a été ajoutée dans la LFSS (Loi de Financement de la Sécurité Sociale) 2023, afin d’uniformiser tous les diplômes d’études spécialisées (DES) qui contenaient 3 phases :

  • Socle (1 an) ;
  • Approfondissement (2 à 3 ans) ;
  • Consolidation (1 à 2 ans : statut de Docteur Junior).

L’ajout de la 4e année de médecine générale pose notamment des soucis pour la rémunération des internes en phase de consolidation (=docteurs juniors ambulatoires, DJA) et des praticiens agréés maître de stage universitaires (PAMSU) qui les encadrent pour cette dernière année ainsi que pour le nombre insuffisant de maîtres de stage universitaires.

Permanence Des Soins Ambulatoires (PDSA) :

Contexte : La PDSA (Permanence Des Soins Ambulatoires), correspond à l'ouverture des cabinets libéraux en dehors des horaires habituels, c'est-à-dire au-delà de 20h et jusqu'à 8h, les week-ends et les jours fériés. La PDSA permet une continuité des soins non programmés ne méritant pas l’admission aux urgences.

  • Pour les médecins séniors, la rémunération se fait par un système forfaitaire (dépendant de la région). Lors de cette PDSA, les actes médicaux sont majorés (avec +/- de compléments régionaux).
  • Pour les Docteurs Juniors Ambulatoires (DJA) : la PDSA ne sera pas obligatoire et sera sous la supervision d’un PAMSU (Praticien agréé maitre de stage universitaire) qui devra seulement rester joignable (au moins par téléphone).

Deux options se profilent pour la rémunération des DJA :

  • libérale : forfait d’astreinte (variation selon les régions) d'environ 55€ + part à l’acte (9eu par consultation=ticket modérateur). Ce qui reviendrait en moyenne à 9x2,5x4=90€ (2,5 consultations/h x4h pour les demi-nuits) pour la part à l'acte. Et un total de 90+55=145€ bruts pour une demi nuit, soumis à 13,5 % de cotisations soit un total de 125€ nets/demi-nuit.
  • forfaitaire : selon un arrêté du 8 juillet 2025, ce modèle permettrait de fournir la même rémunération aux DJA qu'aux séniors soit  : 211,01€ pour les demi-nuits et 422, 03€ pour les nuits complètes (12h) La deuxième option semble bien plus avantageuse pour les DJA.

Position de l'ANEMF : L'ANEMF se positionne pour un mode de rémunération forfaitaire des DJA lors des PDSA.

Nombre d’étudiants par MSU :

Selon le même arrêté du 8 juillet 2025, il est décrit une limitation de 2 étudiants en 3e cycle (internes) par Maître de Stage Universitaire (MSU). Cependant, aucune restriction n'est posée pour les externes.

Votre position :

Position de l'ANEMF : L’ANEMF se positionne pour qu’un PAMSU n’encadre pas plus d’un étudiant en simultané lors d’une consultation, en dehors des DJA et des internes effectuant leur SASPAS=Stage Ambulatoire en Soins Primaires en Autonomie Supervisée (internes autonomes).

Praticien Territorial de Médecine Ambulatoire (PTMA) :

Contexte : Le statut de Praticien Territorial de Médecine Ambulatoire (PTMA) est un statut créé dans la Loi de Financement de la Sécurité Sociale au titre de 2026 pour inciter les nouveaux médecins à s'installer durablement en zone sous-dense, à participer à la permanence des soins et à l'enseignement. Il s'agit d'un contrat de 2 ans ne pouvant se renouveler qu’une seule fois, entre l'ARS et le médecin conventionné spécialisé en médecine générale, n'étant pas encore installé en cabinet libéral ou dont l’installation date de moins d’un an. Ce statut permet au médecin généraliste conventionné de percevoir une rémunération complémentaire à son activité si celle-ci n'excède pas un certain seuil.

De manière plus complète, le PTMA s’engage à :

  • Exercer à titre libéral la médecine générale :
  • Pendant une durée minimale de deux ans ;
  • Dans une zone prioritaire définie par l’ARS.
  • Respecter les tarifs opposables (c'est-à-dire à ne pas pratiquer de dépassements d’honoraires).
  • Participer à des actions définies par l’ARS concernant :
  • L’accès aux soins ;
  • La permanence et la continuité des soins ;
  • La coordination des soins.
  • Contribuer à l’enseignement et à la formation universitaire en médecine générale.
  • Un contrat séparé avec l’université est conclu à ce titre.

Pour rappel, la PDSA (permanence des soins ambulatoires) consiste à l’ouverture des cabinets libéraux en dehors des horaires habituels soit de 20h à 8h, les week-ends et jours fériés. Lors de la création du statut de PTMA. Ainsi, la question de l'obligation à la PDSA pour les PTMA a été soulevée.

Récapitulatif des positions de l’ANEMF (avant le congrès) concernant le statut de PTMA :

  • L’ANEMF se positionne pour l’élargissement du statut de PTMA à l’ensemble des médecins spécialistes, et non uniquement aux médecins spécialistes en médecine générale.
  • L’ANEMF s’oppose à la limitation de la rémunération complémentaire versée au Praticien Territorial de Médecine Ambulatoire (PTMA).
  • L’ANEMF se positionne pour un accès au contrat de Praticien Territorial de Médecine Ambulatoire (PTMA) à tout médecin conventionné afin d’exercer dans une activité en zone prioritaire, sans condition liée à l’installation initiale et sans condition de durée maximale d’exercice.
  • L’ANEMF se positionne pour une majoration de la rémunération complémentaire prévue par le statut de praticien territorial de médecine ambulatoire (PTMA), ainsi que pour l’ajout d’aides matérielles supplémentaires spécifiques à l’installation pour les territoires d’Outre-Mer.

Ainsi, pour compléter ces positions, nous en avons pris de nouvelles au CAWEEM-TAS:

  • L’ANEMF se positionne contre une obligation de Permanence des Soins Ambulatoires (PDSA) pour les médecins exerçant avec le statut de Praticiens Territorial de Médecine Ambulatoire (PTMA).

Votre avis sur la question :

  • L’ANEMF se positionne pour une ouverture du statut de praticien territorial de médecine ambulatoire (PTMA) aux zones sous denses, comprenant les Zones d’Intervention Prioritaire (ZIP), les zones d’action complémentaire (ZAC) et les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Les médecins souhaitant exercer en zone sous dense classée comme ZIP se verront attribuer une prime supplémentaire par rapport aux médecins PTMA exerçants en zones ZAC ou QPV, s’ajoutant à la rémunération complémentaire propre au statut de PTMA.

B. Etudes Médicales

Réforme du Deuxième Cycle des Etudes Médicales (R2C)

Contexte : La R2C fait actuellement l'objet d'études au sujet de la pertinence de ses modalités. Le Conseil Scientifique de Médecine (CSM), la Conférence des Doyennes et des Doyens (CDD) et l'ANEMF participent à faire l'état des lieux de cette réforme.

Les connaissances exigibles aux EDN

Avec la mise en place de la R2C, les connaissances sont hiérarchisées en connaissances de rang A (connaissances essentielles, que tout interne doit maîtriser au début de son troisième cycle) et connaissances de rang B (connaissances que tout interne d’une spécialité du groupe de Diplôme d'Études Spécialisées (DES) d’intérêt doit maîtriser au début de son troisième cycle). Ces connaissances de rang B sont pondérées à différents niveaux en fonction des groupes de Diplôme d'Études Spécialisées (DES) auquel leur item de référence est rattaché. Un des objectifs de la R2C était que le rang B permette une bonne discrimination des étudiants en fonction des groupes de DES. Cependant, cet objectif ne semble pas rempli.

Des pistes ont été proposées par le CSM et la CDD pour pallier cela:

  • Option 1 : Augmenter la pondération des connaissances de rang B (d'après des modélisations, un coefficient de rang B de 3 semble idéal car il donnerait un vrai poids au rang B provoquant des modifications non négligeables en milieu de classement, sans pour autant masquer l'impact du rang A)
  • Option 2 : Diminuer le nombre de questions de connaissance de rang A (à une centaine) et augmenter le nombre de questions de rang B. Le CSM affirme qu'il est possible de diminuer le nombre de questions sur le rang A, tout en évaluant une grande majorité de connaissances.
  • Option 3 : Augmenter le nombre de questions de rang B ET augmenter leur pondération.
  • Option 4 : Diminuer la pondération de la LCA (actuellement à 2) permettant de donner plus de poids à l'oral aussi

Votre avis :

Position de l'ANEMF : L’ANEMF se positionne pour une augmentation de la pondération des connaissances de rang B au sein de leur groupe de Diplôme d’Études Spécialisées (DES) d’intérêt afin de favoriser la différenciation des candidats selon leur projet professionnel.

Les ECOS

Actuellement le programme de connaissances exigibles pour les EDN est constitué des 367 items répartis dans les référentiels des Collèges d’Enseignants. En revanche, pour les ECOS, il s'agit d'une approche par compétences avec des situations de départ (SDD). Le Conseil Scientifique de Médecine (CSM) a évoqué la possibilité de réaliser une approche par compétences pour les EDN, en se basant sur les SDD (en ajoutant et en modifiant la liste pour tout couvrir).

  • Les POUR : Permet d'harmoniser avec les ECOS et d'aborder les épreuves nationales (EDN) avec une approche par compétences
  • Les CONTRE : Risque de mélanger les étudiants pour le programme des EDN, sachant que les référentiels (collèges) sont organisés en items et non en SDD (contrairement aux ECOS).

Vos avis :

ECOS classants ou validants ?

Suite à l'état des lieux de la R2C, il ressort que :

  • 40% des étudiant·e·s voient une variation assez importante de leur classement à la suite des ECOS, ce sont principalement les étudiants de milieu de classement. La conclusion des interlocuteurs de l'ANEMF (CSM et CDD) pour l'analyse était que les ECOS devaient rester classants, car remanient considérablement le classement final.

Nous avons demandé vos avis qui étaient très partagés :

Au vu du faible nombre de réponses il sera nécessaire que nous vous demandions votre avis de nouveau sur ce sujet important.

Position actuelle de l'ANEMF : L'ANEMF est positionnée pour des ECOS validants.

Les points de parcours

Les points de parcours constituent 10% de la note finale des épreuves nationales (ECOS=30% et EDN=60%). Aujourd'hui, 95% des étudiant.e.s valident les 60 points de parcours, et ils n’ont pas d’impact significatif sur les classements. La proposition la plus simple de la part des interlocuteurs a été celle de les supprimer.

Les POUR la suppression :

  • Les points de parcours représentent une charge administrative lourde pour les facultés.

Les CONTRE la suppression :

  • Les points de parcours permettent tout de même de diversifier les activités des étudiantes et étudiants, permettre un engagement professionnel, associatif, en recherche (master), des mobilités nationales ou internationales, et représentent un des piliers de la R2C.
  • Si les points de parcours venaient à être supprimés, les ECOS pourraient compter pour 40% (actuellement 30%) de la note finale (les 10 points de pourcentage des points de parcours reversés aux ECOS).

Autre option : Il a été évoqué de rendre ces points de parcours validants, en abaissant le seuil à, par exemple, 40 points. Ainsi les étudiantes et étudiants conserveront des activités extra-facultaires, tout en allégeant le poids administratif pour les UFR.

Un risque de rendre les points de parcours validants : 5% des étudiants en 6ème année n'ont pas validé tous les points de parcours, ainsi, dans ce cas ils pourraient ne pas accéder au 3e cycle.

Vos avis :

Position de l'ANEMF prise au CAWEEM-TAS : L'ANEMF se positionne pour le maintien du caractère classant des points de parcours et de leur pondération à 10% dans la note finale des Épreuves Nationales.

Cohérence des programmes

Ces dernières années ont eu lieu une réforme de l'externat (2ème cycle)e, ainsi qu'une réforme de l'entrée dans les études de santé. Cependant, il n'y a pas eu de modification en conséquence de la P2/ et de la D1. Ainsi, nous nous sommes questionnés sur la pertinence d'un allègement et/ou d'un remodelage du programme de la P2 et de la D1. Ce qui ressortait des discussions était principalement un besoin de remodelage de ces années d'études ainsi qu'un allègement des programmes du 2ème cycle.

Position de l'ANEMF prise au CAWEEM-TAS : L’ANEMF se positionne pour une réduction du volume de connaissances exigibles aux Épreuves Dématérialisées Nationales (EDN) et pour un remodelage des enseignements au premier cycle des études médicales.

INNOVATIONS SANITAIRES ET SOCIALES

Activité Physique Adaptée et Sport-Santé (APA)

  1. Il est proposé de mettre en place une expérimentation du remboursement d’activité physique adaptée dans le cadre du parcours de soin des patientes et patients atteints de maladies chroniques cardiovasculaires, notamment dans le cadre des Parcours Coordonnés Renforcés. Il est également proposé d'inscrire l'APA dans dans un registre spécifique (FINESS) pour en faire la promotion auprès des professionnels de santé afin d'orienter plus facilement les patients vers cette pratique dispensée par les Maisons Sport-Santé (MSS). Les Maisons Sport-Santé (MSS) accompagnent les personnes qui souhaitent pratiquer une activité physique et sportive à des fins de santé et de bien-être, quel que soit leur âge. Ce sont des structures matérielles et immatérielles (espaces digitalisés).

Les POUR :

  • Amélioration du pronostic et de la qualité de vie des patientes et patients
  • Intégration renforcée de l’APA dans le parcours de soins
  • Renforcement de la reconnaissance administrative et institutionnelle
  • Contribution à la réduction des inégalités territoriales
  • Théorique diminution des dépenses de l'Assurance Maladie sur le long terme

Les CONTRE :

  • Coût financier pour l’Assurance Maladie à court terme
  • Risque d’inefficacité ou de disparités si l’expérimentation n’est pas correctement évaluée
  • Insuffisance des moyens financiers et humains
  • Risque de décalage entre la reconnaissance institutionnelle et la réalité de terrain

Votre avis : Vous étiez en faveur de l'inscription de l'APA dans le registre, ainsi que pour la prise en charge de son expérimentation pour les maladies cardiovasculaires par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie.

Position de l'ANEMF prise au CAWEEM-TAS : L’ANEMF se positionne pour l’expérimentation de la prise en charge de l’Activité Physique Adaptée (APA) dans le parcours de soin par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM).

  1. Pour sensibiliser à l'importance de l'APA et à sa prescription par les futurs médecins, nous avons discuté de la création d'une Unité d'Enseignement (UE) destinée aux étudiants en médecine. Le plan et le contenu de cette UE serait proposés aux facultés qui seraient ensuite libres de les dispenser ou non.

Voici vos avis sur la question : Vous êtes en faveur de la création de cette UE (à 80%) et majoritairement pour la dispenser au premier cycle (P2/D1) plutôt qu'après les EDN.

Fin de Vie

En accord avec les débats politiques actuels sur la fin de vie, l'ANEMF souhaite se saisir du sujet. Par conséquent, des groupes de travail ont été lancés afin de créer une contribution qui répertoriera les positions et les lignes rouges à ne pas dépasser sur la fin de vie, selon l'avis des étudiants en médecine.

Les Tutorats d'Années Supérieures

Aujourd’hui il existe un agrément Ministériel pour les Tutorats d’Entrée dans les Etudes de Santé (TEES) permettant de marquer la reconnaissance des Ministères à l’égard du travail réalisé par les TEES. Le travail des TAS n’étant actuellement reconnu par aucun agrément, l'ANEMF a pour projet d’en développer un. Le travail de développement de cet agrément se fera auprès des Ministères ainsi qu'auprès de la Conférence des Doyennes et des Doyens (de médecine).

Position de l'ANEMF : L’ANEMF se positionne pour la promotion des Tutorats d’Années Supérieures (TAS) auprès de la Conférence des Doyennes et des Doyens des facultés de médecine (CDD) dans un objectif de valorisation institutionnelle.

Nous étions plus de 25 congressistes Clermontois à participer au CAWEEM-TAS !!

Nous remercions la CVEC et l'UCA pour nous permettre de participer aux congrès ANEMF et ainsi, représenter les étudiants en médecine.

Vos représentants étudiants:

  • Matthias Jouhannel, Elu UFR représentant étudiant 2025-2027
  • Eva Le Bars et Maxence Bancarel, représentants étudiants du Bloc Santé